30 Nov

Madagascar est chaque année touchée par des catastrophes telles que l’inondation et la sécheresse. Selon de nombreuses études réalisées par différents réseaux, Madagascar, en particulier la région du Sud est classée en IPC 3.

Au total, 9% de la population (environ 262 800 personnes) de ces districts et communes sont en phase d’urgence (phase 4 de l’IPC) et 27% (environ 804 600 personnes) en phase de crise (phase 3 de l’IPC).

En termes de consommation alimentaire, dans le sud de Madagascar, environ 33% des ménages ont une consommation alimentaire médiocre.

En matière nutritionnelle, les résultats de l’enquête SMART réalisée dans 8 districts du sud de Madagascar montrent que le taux global de malnutrition aiguë (GAM) reste inférieur au seuil (10%) pour 5 districts sur 8 et oscille autour de 12% pour les districts de Beloha et Amboasary. Le statut nutritionnel à Tsihombe est stable grâce aux actions humanitaires qui ciblent les enfants de moins de 5 ans, entre autres.

Cette insécurité alimentaire aiguë est favorisée par le déficit pluviométrique pendant la phase de démarrage de la culture (les surfaces plantées pour la riziculture ont diminué d’au moins 15% et au moins 30% des ménages ne cultivaient pas le riz et 50% pour le manioc) également détruit par les inondations du cyclone ENAWO.

Même l’IPC donne des informations sur ces districts, une évaluation pour avoir une situation réelle dans les communes les plus touchées avec un nombre accru de populations vulnérables devrait être faite.

Une analyse IPC ou Integrated Food Security Phase Classification, est une série d’outils et de procédures qui permettent de classifier la sévérité de l’insécurité alimentaire dans une région et de fournir des connaissances pratiques aidant à la programmation des interventions. Le cluster Sécurité Alimentaire et Moyens de Subsistance (SAMS) produit fréquemment des bulletins qui montrent l’évolution de la situation dans le Sud de Madagascar. Avec le soutien de CFGB et World Renew, SAF/FJKM a pu réaliser en Septembre 2017 une analyse IPC dans les régions d’Anosy et Androy. L’objectif de cette analyse étant de déterminer la situation réelle de communes les plus impactées (Phase 3 de l’IPC) dans le but de mieux cadrer les prochaines interventions.

Les résultats de l’IPC ont permis de mettre en exergue les faits suivants :

– 81% des ménages à Amboasary-Sud sont en situation de famine et ont besoin d’une action urgente
– Le pourcentage de ménages ayant une consommation alimentaire pauvre et limite devrait augmenter dans l’année à venir
– 58% des ménages achètent de la nourriture sur le marché local et consacrent plus de 60% de leur budget à l’alimentation. Le prix du kg de riz étant de 2100MGA, ce qui est élevé par rapport au revenu mensuel des ménages qui est inférieur au taux national (157 000 MGA). Ceci est dûe au fait que le district d’Amboasary-Sud a besoin d’importer la plupart des biens depuis Fort-Dauphin

Encore une fois, SAF/FJKM et CFGB vont très prochainement contribuer ensemble afin de réduire cette malnutrition dans le Sud de Madagascar. A travers le projet TOHANA,  2 communes dans le district d’Amboasary Sud catégorisé par la précédente analyse comme présentant le plus de personnes en situation de malnutrition sévère bénéficieront d’une assistance alimentaire pour 4 mois (Janvier à Avril 2018). Cette période correspondra à la période de soudure et la saison cyclonique durant lesquelles ces personnes seront les plus vulnérables. Outre, la résilience des communautés face à la sècheresse et à l’inondation sera rehaussée grâce i) aux travaux communautaires qui seront planifiés et conduites par ces dernières (Approche 10/20 du SAF/FJKM) et, ii) l’appui du projet pour la distribution de semences et d’outils agricoles et la promotion de l’agriculture climato-intelligente.